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VILLE DE QUÉBEC

Dès les débuts de la Nouvelle-France, des Acadiens viennent à Québec pour des raisons administratives, religieuses ou d’affaires. La ville, qui est le principal siège du gouvernement et un important port, attire militaires et hommes d'affaires.

Avant la déportation de 1755-1763, les Acadiens qui s’établissent à Québec sont peu nombreux, ils y viennent surtout par affaires. À partir de 1755, Québec devient un carrefour important, une sorte de plaque tournante pour les Acadiens.

De 1756 à 1759, entre 1 300 et 2 000 réfugiés acadiens arrivent dans la capitale pour échapper à la déportation. Mais la situation à Québec n’est guère plus reluisante. La ville est surpeuplée, les vivres manquent et la famine menace. La maladie frappe et plus de 300 Acadiens décèdent de la picote en 1757.

En 1759, les Britanniques bombardent Québec et la population doit être évacuée. Une partie des Acadiens restant dans la ville se réfugient en banlieue et dans la campagne environnante : Bellechasse, Beauce, Lotbinière, Charlevoix, Portneuf, etc. De nombreux Acadiens combattent aux côtés des Français durant la bataille des plaines d'Abraham le 13 septembre 1759, et celle de Sainte-Foy le 28 avril 1760.

En 1765, le général Murray offre des terres aux immigrants pour relancer l'économie affaiblie par la guerre. Informés de cette offre, les Acadiens prisonniers au Massachusetts demandent de revenir au Canada. Murray accepte en stipulant qu’ils doivent le faire à leurs frais et prêter le serment d’allégeance. Québec devient alors le point d'arrivée ou de ralliement d’un important contingent d’Acadiens déportés qui veulent à tout prix quitter leurs lieux d’exil et commencer à reconstituer leurs familles dispersées.

Deux groupes en provenance du Massachusetts arrivent à Québec en 1766. D’autres suivront jusqu’en 1772. Mais la majorité des Acadiens qui arrivent à Québec repartent vers d'autres régions pour retrouver leurs familles et s’établir sur les terres disponibles. Selon un recensement effectué entre 1769 et 1770, il y aurait eu moins de 6 % d'Acadiens en ville et leur proportion reste sensiblement la même jusqu'aux années 1810.

Après l’adoption de l’Acte constitutionnel de 1791, de plus en plus d’Acadiens ont une influence certaine sur la ville de Québec. À titre d’exemple, Jean Boudreau est le premier Acadien à être élu à une assemblée législative en 1792; les députés Louis Bourdages, Auguste-Norbert Morin et Jean-Baptiste Hébert, actifs dans la première moitié du 19e siècle, sont d'ardents défenseurs de la démocratie et supporteurs de la Rébellion des Patriotes.

À la fin du 19e et au début du 20e siècle, nombreux sont les Acadiens des Maritimes, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine qui viennent à Québec pour chercher de l'emploi. Les prêtres capucins, qui avaient œuvré en Acadie, accueillent à bras ouverts ces travailleurs à Limoilou qui devient le principal quartier acadien de Québec. Ils organisent à l'occasion de la Fête nationale de l'Acadie des rassemblements religieux, des défilés, etc. En 1929, la Société acadienne de Québec inc. publie un programme souvenir qui contient un historique de l’Acadie.

À partir de 1918, un « Petit Village des Acadiens » commence à se développer dans le secteur de Beauport avec l’établissement des quatre frères Turbide, des Acadiens des Îles-de-la-Madeleine, qui sont à l’origine du développement de ce quartier.

Une succursale de la Société l'Assomption ouvre ses portes à Québec en 1929. La Société Saint-Jean-Baptiste de Québec continue de soutenir les Acadiens, par exemple en échangeant des conférenciers, en récoltant des dons et envoyant 16 000 manuels scolaires dans les Maritimes en 1946.

Les étudiants acadiens sont nombreux à venir à Québec dans différents collèges et à l’Université Laval. En 1924 ils constituent le Cercle d’Aulnay. Une autre association voit le jour en 1943 : l’Association des étudiants acadiens de Québec regroupant plus d’une centaine d’étudiants acadiens. L'association organise des causeries, des concours d’art oratoire et échange des délégués avec les Acadiens des Maritimes.

Plus récemment dans les années 1980 une association Québec-Acadie est fondée dans le but de favoriser des liens et des échanges avec les Acadiens des Maritimes. Ses activités durent pendant une dizaine d’années. En 1995, une autre association prend la relève : l’Association acadienne de la région de Québec qui est toujours en activité.

En 2002, un monument est érigé, sous l’initiative de la Commission de la capitale nationale du Québec en collaboration avec la Ville de Québec et l’Association acadienne de la région de Québec, pour rendre hommage aux Acadiens et souligner l’importance du fait acadien sur le territoire de la région de Québec. Le monument est inauguré le 15 août 2002 en présence des premiers ministres Bernard Landry du Québec et Bernard Lord du Nouveau-Brunswick.

Sources :
- Pierre-Maurice Hébert, Les Acadiens du Québec, Montréal: Éditions de L'Écho, 1994.
- Bona Arsenault, Histoire des Acadiens, nouvelle édition avec une mise à jour de Pascal Alain, Éditions Fides, 2004
- Archives nationales du Québec, consultation de documents, revues, journaux

Informations colligées par Jacques Gaudet, 2013

Ville de Québec - portrait

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